Magasin général Chas J.L. Godin

Le magasin général Chas J.L. Godin est un bon exemple d’un magasin général typique dans une communauté acadienne au tournant du 20e siècle. Comme la plupart de ces commerces en Acadie du Nouveau-Brunswick, il demeure de taille modeste au cours de toute son histoire et son propriétaire est loin de s’enrichir en l’exploitant. À la fin du 19e siècle, ces magasins offrent une grande variété de produits domestiques et utilitaires, mais peu de produits alimentaires. Ce n’est qu’au début des années 1900 qu’ils deviennent de véritables épiceries et offrent une variété de produits. 

En ce qui concerne son propriétaire Charles Godin, né en 1850 à Haut-Caraquet, il épouse en premières noces en 1878 Caroline Poirier, puis en 1883, en secondes noces, Olésine Doucet. De ses deux mariages il eut neuf enfants, dont Alexis qui lui succède en 1920, même si le commerce devient la propriété d’Olésine. 

Nommé maître de poste en 1880, fonction il occupe ce poste jusqu’à sa mort. Il profite sûrement de l’occasion pour établir son commerce. On ignore exactement à quel moment il ouvre son établissement, mais le plus vieux de ses livres de comptes que l’on connaisse date de 1889. 

Chose certaine, il n’est pas rare à l’époque que des commerçants logent dans un magasin général un bureau de poste. Toutefois, les maîtres de poste ne sont pas toujours marchands généraux. 

On peut croire que le magasin de Charles Godin est assez modeste selon les normes de l’époque. D’abord, comme plusieurs de ses concurrents, son commerce possède moins de 500$ en capitaux. Au début des années 1900, sa cote passe à « L » ce qui signifie que son crédit est qualifié de « Fair » (passable) à ce moment. De plus, comme bien des commerçants de son époque, Charles Godin pratique l’agriculture. 

On peut aussi avoir une idée de l’importance du magasin général Godin lorsque l’on réalise que du point de vue structural, rien ne le démarque vraiment d’une petite maison. On peut croire que le commerce n’est pas la fonction première de ce bâtiment à son origine étant donné sa petite taille et ses caractéristiques similaires à celles d’une petite habitation. Enfin, il semble que Charles J.L. Godin est surtout reconnu en tant que maître de poste, et non comme marchand. 

Particularités:

  • Arrière-boutique
  • Étagères murales
  • Coin fermé servant de bureau de poste