Maison Martin

Cette maison témoigne de la situation précaire des Acadiens après le Grand Dérangement. Plus abri que maison, cette structure ne comporte aucune cloison intérieure et seulement quelques fenêtres.

Après la signature du traité de Paris en 1763, les Acadiens obtiennent le droit de revenir dans la colonie de la Nouvelle-Écosse, à condition de ne pas se regrouper. Ils vont donc s’établir dans des territoires qui leur offrent un minimum de sécurité. L’accès à la mer ou à un cours d’eau devient le facteur commun de tous ces peuplements. Dans le cas de la rivière Saint-Jean, ils se logent dans les années 1760, mais plusieurs d’entre eux doivent partir pour faire place aux Loyalistes dans les années 1780.

Durant cette période, un des tracas des Acadiens est d’obtenir des titres de terres, soit des concessions de terre. Malgré leurs nombreuses requêtes, ils obtiennent trop souvent que des permis de pêche ou d’occupation temporaire.

Pour ce qui est de la religion, une mission catholique est implantée dès 1768 à Ecoupag dans la rivière Saint-Jean. C’est l’abbé Charles-François Bailly qui installe cette mission qui est fréquentée par les Micmacs et les Acadiens des environs.

En ce qui concerne les relations entre les Amérindiens et les Acadiens, ces derniers avaient su gagner leur confiance. Les Acadiens ne ruinent pas les territoires de chasse des Amérindiens et souvent, les villages acadiens se retrouvent près des lieux de campements amérindiens. Certaines règles d’habitation devaient être respectées, entre autres celle de ne pas couper le foin des marais lors de la chasse aux canards. Les Acadiens de la rivière Saint-Jean auraient donc eu des contacts avec les Amérindiens, sans toutefois adopter leur style de vie. Ils auraient, par contre, adopté certaines technologies amérindiennes, dont les mocassins et les raquettes.



Celui qui a construit la maison Martin est Jean- Balthazar, dit Jean Barnabé Martin. Cultivateur, né en 1736 à Port-Royal, il épouse en premières noces Rosalie Thibodeau à Port- Royal vers 1761,en secondes noces Hélène Godin en 1767 à Sainte-Famille, île d’Orléans au Québec et enfin en troisièmes noces Marie- Anne Levasseur en 1773 à Kamouraska. 

Balthazar était messager des gouverneurs Parr de Halifax et Haldimand de Québec. Il va vivre avec sa famille à Sainte-Anne de Fredericton vers 1768.

À son décès, survenu en 1806, Jean Balthazar Martin lègue sa maison et sa ferme à son fils, Jean-Baptiste. Jean-Baptiste Martin, né en 1781, marié à Marie-Anne Cyr, reçoit le patrimoine familial, mais décède en 1807 âgé d’environ 26 ans. Son épouse devint l’administratrice des biens.


Plusieurs années passent et Jean Martin, fils de Jean-Baptiste et de Marie-Anne, s’installe au Madawaska et vend la maison familiale en 1833 à Alexis Godin. Le 2 octobre 1889, Alexis lègue à son fils, Abraham Godin, cultivateur, sa terre et sa maison. Ce dernier fait de même avec sa fille Marguerite qui reçoit la terre et la maison Martin.

Finalement, Marguerite épouse Leslie George Kingston en 1920 à French Village et elle et son mari habitent dans la maison Martin pour quelques années. Son gendre, Charles Nicholas, vendit une partie de la maison Martin au Village historique acadien le 9 mai 1973. L’équipe du Village historique acadien procède donc au déménagement final de la maison sur le site historique.

Particularités:

  • Pièces-sur-pièces assemblées à queue d’aronde
  • Fenêtres à guillotines et peu nombreuses
  • Plancher en terre battue
  • Imposant foyer en pierres plates
  • Format restreint de ses dimensions